
Publié le 21 août 2026
Un aliment d’ici, ça veut dire quoi ?
Quand on choisit un produit d’ici, au Québec, qu’est-ce qu’on cherche à soutenir exactement ? Les ingrédients qui ont poussé ici ? L’entreprise qui l’a créé ? Les personnes qui le fabriquent ? L’usine où il est transformé ? Les fournisseurs qui contribuent à sa production ?
La réponse est : un peu tout ça.
Derrière chaque produit alimentaire se trouve une chaîne de valeur parfois beaucoup plus complexe qu’on l’imagine. Et pour bien comprendre ce qu’est un produit d’ici, il faut regarder concrètement où il est transformé, qui participe à sa fabrication et quelles retombées il génère au Québec.
« Local », ça veut dire quoi au juste ?
Il n’existe pas une seule façon de définir l’achat local. Pour certaines personnes, le mot évoque d'abord ce qui vient de leur ville ou de leur région. Pour d'autres, il désigne ce qui est produit au Québec. Pour d’autres, acheter local peut même vouloir dire acheter canadien.
Les études sur le sujet montrent d'ailleurs que les consommateurs eux-mêmes naviguent entre différentes échelles géographiques lorsqu'ils définissent un aliment local : la proximité immédiate, la région et la province font toutes partie des réponses.¹
Dans le secteur alimentaire, Aliments du Québec a choisi de donner à cette notion un cadre précis et vérifiable : le Québec comme territoire de référence, et le produit comme objet de la certification. C'est ce qui permet au consommateur de savoir concrètement ce que signifie le logo jaune lorsqu'il le voit sur un emballage.
Et si l'on souhaite aller encore plus près ? Les identifiants régionaux viennent compléter cette information. À travers le Québec, les Tables de concertation bioalimentaire et leurs organismes partenaires portent des marques territoriales qui permettent de repérer les produits de leur région, comme Gaspésie Gourmande, Saveurs des Cantons de l’Est, Zone Boréale et plusieurs autres. D’ailleurs plusieurs produits portent à la fois le logo jaune d’Aliments du Québec et un identifiant régional, une double identification en une.
Il ne s'agit donc pas de décider qu'une définition du local est meilleure qu'une autre. Il s'agit de savoir ce que l'on veut soutenir et de pouvoir se fier à des repères clairs pour le faire.

Un aliment d’ici : ça se vérifie
Depuis 1996, Aliments du Québec a pour mission de faire connaître et reconnaître les produits d’ici et, à travers eux, de contribuer au développement de l’industrie bioalimentaire et de l’économie québécoise.
Derrière le logo jaune, il n’y a pas qu’une affirmation : il y a une vérification rigoureuse. Chaque produit est évalué individuellement, pièces justificatives à l’appui, tout comme l’admissibilité de l’entreprise qui le fabrique. Cette façon de faire, unique au Canada, distingue nos marques de certification des simples allégations de provenance que l’on peut retrouver sur les emballages. Notre processus de vérification est d’ailleurs certifié ISO 9001:2015.

Derrière un produit, toute une économie
Un aliment produit ici ne fait pas vivre que l’entreprise dont le nom apparaît sur l’emballage. De la ferme à l’usine, puis jusqu’aux tablettes, chaque produit s’inscrit dans une chaîne beaucoup plus vaste. Ensemble, l’agriculture, les pêches et la transformation alimentaire représentent 3,2 % du PIB réel du Québec et près de 130 000 emplois.²
Et derrière ces chiffres, il y a tout ce qu’un produit met en mouvement avant d’arriver dans notre panier. Au-delà des emplois directs, les entreprises qui possèdent des installations de production au Québec font travailler toute une chaîne de valeur : producteurs et fournisseurs d’ingrédients, fabricants d’emballages, imprimeurs, transporteurs, distributeurs, entreprises d’entretien et d’équipements, services professionnels et bien d’autres. Un produit fait ici peut donc faire travailler beaucoup plus de monde qu’on ne l’imagine.
Et cet écosystème est largement porté par de petites entreprises. Chez Aliments du Québec, 80 % de nos entreprises adhérentes comptent moins de 25 employés. Des entreprises de toutes tailles, présentes dans toutes les régions et dans une grande diversité de secteurs, participent ainsi à cette économie qui prend racine ici.

Et entre la ferme et notre panier, il y a la transformation
Un Québec sans transformation alimentaire ? Il faudrait imaginer nos paniers sans pains ni produits de boulangerie, sans fromages, sans sauces, sans boissons, sans croustilles, sans chocolat ni confiseries, sans café torréfié, sans mets préparés… Bref, une grande partie de ce que nous mangeons passe, à un moment ou à un autre, entre les mains d’un transformateur.
Et lorsque cette étape se déroule au Québec, elle aussi crée de la valeur ici. Des matières premières deviennent des produits, des recettes prennent vie, des équipements tournent, des travailleurs mettent leur expertise à contribution. En 2024, la transformation alimentaire représentait à elle seule 74 775 emplois au Québec.²
Choisir un aliment transformé ici, c’est donc aussi choisir de garder cette étape, et toute l’activité qu’elle génère, au Québec.

Deux marques, deux réalités d’ici
Parce qu’un sac de carottes cultivées au Québec et un café torréfié au Québec ne racontent pas exactement la même histoire. Mais tous les deux peuvent créer de la valeur ici. C’est pourquoi nos deux marques offrent des repères différents.
Le logo « Aliments du Québec » identifie les produits entièrement québécois ou composés d’au moins 85 % d’ingrédients d’origine québécoise, dont les ingrédients principaux viennent d’ici. Ils sont également transformés et emballés au Québec.
Le logo « Aliments préparés au Québec » permet de reconnaître une autre réalité : celle des aliments transformés et emballés ici, même lorsque certains ingrédients viennent d’ailleurs. Pensons au café, au cacao ou aux épices : difficile de les faire pousser sous notre climat ! Pourtant, un café importé à l’état brut peut être torréfié, moulu et emballé ici, par des travailleurs d’ici, dans une entreprise qui investit et crée de l’activité économique au Québec. Même chose pour une sauce, une boisson ou un mets préparé dont une partie des ingrédients provient de l’extérieur, mais dont la transformation se fait localement.
Et Aliments préparés au Québec ne signifie pas qu’on laisse forcément de côté les ingrédients québécois. Lorsqu’un ingrédient principal est disponible au Québec en quantité suffisante, il doit provenir d’ici. C’est là toute la logique : privilégier les ingrédients d’ici lorsqu’ils sont disponibles, tout en reconnaissant la valeur de ce qui est réellement fait ici. Donc si vous voyez un muffin à l’érable ou une crème glacée à l’érable avec un logo Aliments préparés au Québec, soyez assurés qu’on a bien vérifié que le sirop d’érable provenait bien d’ici !
Plusieurs façons de choisir d’ici
Acheter local n’est donc pas une réalité qui se résume à une seule adresse.
On peut vouloir privilégier une entreprise à propriété québécoise. On peut rechercher des ingrédients cultivés, élevés ou pêchés ici. On peut vouloir soutenir la transformation et les emplois manufacturiers au Québec. On peut choisir encore plus près de chez soi en recherchant les identifiants de sa région. Et, bien souvent, un même produit permet de faire plusieurs de ces choses à la fois.
Ces choix ne s’opposent pas. Ils correspondent simplement à différentes façons de contribuer à l’économie d’ici. Dans cet écosystème, Aliments du Québec occupe une place bien précise : offrir un repère de confiance pour reconnaître ce qui est réellement produit et préparé ici.
Parce que derrière chaque produit d’ici, il y a bien plus que ce que l’on met dans son panier. Il y a toute une économie que chaque achat contribue à faire tourner au Québec.
Sources :
¹Équiterre, « Manger chez soi »; CIRANO, étude sur les marques territoriales.
²Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), données économiques de l’industrie bioalimentaire et BioClips, 2024-2025.











